Le vieillissement de la population helvétique bouleverse en profondeur le marché du travail, et les métiers auprès des seniors s’affichent aujourd’hui parmi les plus porteurs du pays. Alors que le secteur de la santé Suisse fait face à une pénurie de main-d’œuvre sans précédent, de nombreuses portes s’ouvrent à celles et ceux qui souhaitent s’investir dans l’accompagnement des personnes âgées, même sans diplôme initial. Entre besoins criants de personnel et formations accessibles, le secteur gérontologique devient une véritable terre d’opportunités.
À retenir
- Le vieillissement de la population suisse entraîne une pénurie de main-d’œuvre majeure, avec près de 240 000 emplois à pourvoir dans le secteur des soins aux seniors d’ici 2030.
- Les services d’aide et de soins à domicile représentent le secteur affichant le plus fort besoin de recrutement, suivi par les hôpitaux et les établissements médico-sociaux (EMS).
- De nombreux postes d’auxiliaire de santé ou d’aide-soignant sont accessibles sans diplôme initial, permettant une insertion professionnelle rapide grâce à des formations internes.
- Les employeurs privilégient avant tout des qualités humaines telles que l’empathie, la patience et le sens de l’organisation plutôt que les qualifications académiques.
- Les salaires dans le secteur des soins sont attractifs et évolutifs, offrant des perspectives de progression salariale significative avec l’expérience et la formation continue.
- Les bassins d’emploi transfrontaliers jouent un rôle essentiel, 83 % des travailleurs étrangers du secteur de la santé provenant de pays frontaliers comme la France et l’Allemagne.
Les postes d’aide-soignant et d’auxiliaire de santé auprès des personnes âgées
La demande explose et les chiffres parlent d’eux-mêmes : d’ici 2030, ce sont près de 240000 emplois à pourvoir dans le secteur des soins et de l’accompagnement des seniors. Cette tension s’explique notamment par l’ampleur des départs à la retraite, puisque le pays devra composer avec environ 670000 départs d’ici la même échéance, tandis que la population des plus de 85 ans continue d’augmenter significativement. Concrètement, on estime que 65000 professionnels de santé supplémentaires seront nécessaires pour répondre à cette demande croissante. Les besoins se répartissent entre les hôpitaux, qui devront recruter 12722 personnes, les cliniques avec 8560 postes, les établissements pour personnes âgées avec 7793 embauches, et surtout les services d’aides et soins à domicile qui concentrent le plus grand volume avec 29075 postes à combler.
Assistant en soins et accompagnement : missions et accès à la profession
Le métier d’assistant en soins et accompagnement, souvent désigné par l’acronyme ASSC, constitue une porte d’entrée privilégiée dans le secteur. Ces professionnels interviennent au quotidien auprès des résidents en établissement médico-social ou à domicile, en assurant les gestes essentiels de la vie courante, la surveillance de l’état de santé et le soutien moral. Il existe aussi des postes d’aide-soignant accessibles rapidement, à l’image de l’offre repérée à Givisiez pour un poste d’aide en soins et accompagnement proposé à un taux de 80 à 100% en contrat indéterminé. À Sion, une offre similaire d’auxiliaire de santé est ouverte avec une grande flexibilité, de 10 à 100%, en contrat temporaire, preuve que le secteur s’adapte aux disponibilités de chacun. cela permettrait aux personnes actuellement au chômage de pouvoir souffler, cette prise en charge rapide changeant considérablement la trajectoire professionnelle de nombreux candidats en reconversion.

Rémunération et évolution professionnelle dans le secteur des soins aux seniors
Les salaires proposés restent attractifs et évolutifs selon l’expérience acquise. À titre d’exemple, un poste d’auxiliaire de santé polyvalent à Château-d’Oex, proposé entre 70 et 90%, affiche une rémunération comprise entre 4352 et 5744 CHF par mois. Pour les profils infirmiers diplômés, les perspectives sont encore plus intéressantes, comme le montre une offre à Aigle pour un poste à 80% avec un salaire annuel oscillant entre 68272 et 100460 CHF. Cette progression salariale encourage naturellement la poursuite de formations continues, permettant aux auxiliaires et aides-soignants d’évoluer vers des fonctions plus qualifiées au fil des années.
Les métiers de l’accompagnement à domicile et en établissement
Au-delà des soins purement médicaux, tout un écosystème de métiers gravite autour du bien-être des seniors, qu’il s’agisse d’intervenir directement au domicile des personnes âgées ou de les accompagner en établissement médico-social. Ces professions, souvent moins connues du grand public, recrutent pourtant massivement et représentent une alternative sérieuse pour toute personne souhaitant s’orienter vers un métier porteur de sens.
Aide à domicile et auxiliaire de vie : compétences attendues et recrutement
Le secteur d’aide et de soins à domicile nécessitera à lui seul 18100 professionnels supplémentaires d’ici 2030. Une offre repérée à Lausanne illustre bien cette réalité, avec un poste d’aide-soignant en soins à domicile proposé à 100% en contrat temporaire, permettant une insertion rapide sur le terrain. Les employeurs recherchent avant tout des candidats capables de faire preuve de patience, d’empathie et de sens de l’organisation, des qualités qui priment souvent sur les diplômes académiques. Il est intéressant de noter que 83% des travailleurs étrangers présents dans le secteur de la santé viennent de pays frontaliers, la France représentant 41% de ces effectifs et l’Allemagne 31%, ce qui montre à quel point les bassins d’emploi transfrontaliers jouent un rôle clé dans le comblement de ces postes vacants, notamment autour de Genève et de Vaud.

Personnel d’animation et de soutien en EMS : opportunités et formations internes
Les établissements médico-sociaux ne se limitent pas aux fonctions soignantes. À Genève, une offre pour des infirmiers en EMS à 100% en contrat temporaire côtoie d’autres postes de soutien, comme celui de cuisinier à Pully proposé également à temps plein. Ces métiers, bien que moins médicalisés, participent activement à la qualité de vie des résidents et bénéficient souvent de formations internes dispensées directement par les établissements employeurs, ce qui permet à des profils sans expérience préalable dans le secteur de la santé de s’y insérer progressivement.
Comment réussir son insertion professionnelle dans les services aux seniors en Suisse
Avec près de 97 offres d’emploi actuellement disponibles dans le secteur des personnes âgées, les candidats disposent d’un choix conséquent de postes à pourvoir, qu’il s’agisse de contrats à durée indéterminée ou de missions temporaires plus ponctuelles.

Les qualités humaines recherchées par les employeurs du secteur gérontologique
Au-delà des compétences techniques, les recruteurs valorisent avant tout des qualités humaines fortes : écoute, bienveillance, capacité d’adaptation et résistance au stress. Cette réalité ouvre naturellement la porte aux candidats de plus de 50 ans, qui possèdent souvent une expérience de vie et des compétences transférables particulièrement appréciées dans ce type de métier. Les statistiques montrent d’ailleurs que ces profils seniors ont tendance à rester plus longtemps au sein d’une même entreprise, un atout non négligeable pour des employeurs en quête de stabilité au sein de leurs équipes.
Perspectives d’évolution et possibilités de formation continue sans diplôme initial
Le secteur offre également de belles perspectives d’évolution, à l’image du poste d’infirmier-ère chef-fe proposé à Lausanne à temps plein en contrat indéterminé, ou encore celui d’infirmier chef d’unité de soins repéré à Saint-Légier. Ces exemples démontrent qu’il est tout à fait possible de gravir les échelons en partant d’un poste d’auxiliaire ou d’aide-soignant, à condition de s’investir dans des formations continues proposées par les établissements ou les organismes cantonaux. Pour ceux qui hésiteraient encore à se lancer, il faut garder à l’esprit que la reconversion professionnelle dans ce domaine reste accessible, portée par une demande structurelle qui ne cessera de croître dans les années à venir, notamment autour des bassins d’emploi de Lausanne, Genève et plus largement du canton de Vaud.





